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Bilan 2025 de la fréquentation cyclable en France

La fréquentation vélo en France a progressé de 5 % en 2025. Contrairement aux dernières années, cette hausse est homogène entre territoires urbains, intermédiaires et ruraux. Depuis 2019, la fréquentation a augmenté de 47 % mais reste loin de la trajectoire nécessaire pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030 (12 % de part modale).

Ce bilan repose sur les données de la Plateforme nationale des fréquentations (PNF), un dispositif animé par Réseau vélo et marche qui permet d’agréger des données de comptage vélo à l’échelle nationale. Fin mars 2026, 194 contributeurs alimentaient la PNF avec les données de 1 830 compteurs.

Méthodologie

Toutes les analyses de la PNF utilisent uniquement des données validées. Un algorithme de détection d’anomalies, complété par une vérification manuelle, permet de repérer et d’écarter les données manquantes ou aberrantes.

Seuls les compteurs présentant au moins 90 % de données validées sur l’année sont retenus, soit 1 240 compteurs pour 2025. Les calculs d’évolution reposent uniquement sur les compteurs disponibles pour les périodes concernées (967 compteurs pour les évolutions 2024/2025, 239 pour la série 2019-2025).

La ventilation géographique repose sur la grille communale de densité de l’Insee : urbain dense, urbain intermédiaire et rural.

Pour plus de détails, voir la méthodologie détaillée dans le bilan 2024.

+5% : l’évolution de la fréquentation entre 2024 et 2025

En 2025, la fréquentation cyclable en France a progressé de 5 % par rapport à 2024.

Cette hausse est mesurée à partir d’un échantillon comparable de 967 compteurs et s’avère homogène selon les territoires : les trois milieux géographiques enregistrent chacun une progression de 5 %. Ce résultat tranche avec les années précédentes, où la croissance était portée quasi exclusivement par les grands centres urbains. Les niveaux de fréquentation restent néanmoins très contrastés selon les milieux. Le trafic moyen journalier annuel (TMJA : nombre moyen de passages par compteur et par jour sur l’ensemble de l’année) atteint 1 198 passages/jour dans les grands centres urbains, contre 188 passages/jour dans les communes de densité intermédiaire et 127 passages/jour en milieu rural, soit un rapport de près d’un à dix.

Évolution de la fréquentation selon le milieu

L’effet météo, la part conjoncturelle de la hausse de 5%

La progression observée en 2025 doit être interprétée à la lumière du contexte climatique. Selon Météo France, 2024 était l’une des années les plus pluvieuses enregistrées. Cette météo défavorable à la pratique du vélo avait clairement pesé sur la fréquentation cyclable française qui n’avait progressé que de 2 % en 2024. C’était particulièrement le cas au printemps qui a enregistré un excédent des précipitations de 45 % par rapport à la normale 1991-2020.

En 2025, les précipitations sont revenues proches de la normale, ce qui a induit un effet de rebond. Cet effet a été particulièrement visible au printemps (entre +9 % et +14 % de fréquentation entre mars et mai) et explique une partie de la progression de 5 % observée pour toute l’année. La progression structurelle, hors effet météo, se situe donc vraisemblablement entre le +2 % de 2024 et le +5 % de 2025, les deux années se compensant en partie.

+47 % : l’évolution de la fréquentation entre 2019 et 2025

Pour mesurer l’évolution de la fréquentation cyclable depuis la période pré-Covid, un indice base 100 en 2019 est calculé à partir des 239 compteurs disposant de données validées sur l’ensemble de la période. À l’échelle nationale, la fréquentation a progressé de 47 % entre 2019 et 2025. Cette croissance masque toutefois des dynamiques très différentes selon les territoires.

En milieu rural et en urbain intermédiaire, les trajectoires sont quasi identiques : on y observe une forte croissance entre 2020 et 2022, suivie d’une stagnation, voire d’un léger recul en 2023 et 2024. Le rebond de 2025 ramène ces deux milieux à un indice de 122, soit une progression de 22 % par rapport à 2019.

En zone urbaine dense, la progression est la plus forte (54 %). La fréquentation a fortement augmenté entre 2019 et 2022, avec des taux de croissance annuels à deux chiffres. Depuis 2023 on observe un ralentissement de la dynamique avec un léger rebond en 2025.

Ces résultats sont à interpréter avec prudence. L’échantillon de 239 compteurs dont ils sont issus est plus restreint que celui utilisé pour les évolutions annuelles (967 compteurs), ce qui peut entraîner de légères différences entre les deux analyses et la répartition géographique de cet échantillon n’est pas strictement représentative de l’ensemble du réseau de compteurs ou du territoire national.

Indice de fréquentation vélo 2019-2025 (base 239 compteurs)

Rythmes de la pratique cyclable

Les données de comptage permettent d’observer les rythmes de la pratique cyclable à différentes échelles temporelles : par mois, par jour de semaine et par heure de la journée. Ces profils varient fortement selon les milieux géographiques et reflètent des usages du vélo très différents : déplacements domicile-travail en milieu urbain dense, pratique de loisir davantage marquée en milieu rural.

Au fil des saisons

En zone urbaine dense, la répartition est relativement homogène tout au long de l’année : chaque mois concentre entre 6,3 % et 10,1 % du trafic annuel. L’hiver ainsi que le mois d’août connaissent un léger creux, mais la fréquentation reste soutenue toute l’année, signe d’une pratique utilitaire bien ancrée.

Le contraste est saisissant en milieu rural, où plus d’un tiers de la fréquentation annuelle se concentre sur les seuls mois de juillet et août (37,5 %). Le mois d’août représente à lui seul 20,8 % du trafic annuel, soit environ treize fois plus que le mois de janvier. Ce profil traduit une pratique largement orientée vers les loisirs et le tourisme.

L’urbain intermédiaire se situe entre ces deux extrêmes, avec une saisonnalité modérée qui reflète un mélange d’usages utilitaires et récréatifs.

Répartition de la fréquentation par mois (en %)

Comment se répartit la pratique du lundi au dimanche ?

Les analyses hebdomadaires confirment cette distinction d’usages. En zone urbaine dense, la fréquentation est plus élevée en semaine, avec un pic le mardi et un creux le dimanche — un schéma typique des déplacements pendulaires domicile-travail.

En milieu rural, le profil est inversé : la fréquentation culmine le dimanche et atteint son minimum le lundi, confirmant la prédominance de la pratique de loisir. L’urbain intermédiaire présente une répartition similaire, mais de manière moins prononcée.

Fréquentation par jour de semaine (en %)

Le vélo et ses heures de pointe

En zone urbaine dense, le profil varie nettement entre la semaine et le week-end : en semaine, deux pics marqués apparaissent entre 8h et 9h puis entre 17h et 19h, correspondant aux heures de pointe des trajets domicile-travail. Le week-end, la répartition est beaucoup plus homogène, avec une fréquentation étalée sur l’ensemble de la journée.

En urbain intermédiaire et en milieu rural, les différences entre semaine et week-end sont moins marquées, la pause de midi se distingue clairement. L’absence de pics aux heures de pointe traduit une pratique moins liée aux horaires de travail.

Fréquentation par heure de la journée (en %)

Regard sur la trajectoire 2030

Dans ses stratégies vélo — le plan vélo et mobilités actives de 2018 puis le plan vélo et marche 2023-2027 — le gouvernement a défini des objectifs ambitieux : faire passer la part modale du vélo de 2,6 % en 2018 à 9 % en 2024, puis à 12 % en 2030. Atteindre ces cibles supposerait une croissance annuelle moyenne d’environ 13 % sur l’ensemble de la période 2018-2030.

Autrement dit, il faudrait une dynamique comparable à celle observée pendant les années post-Covid 2020-2022 sur toute la période. Or, depuis 2023, le rythme a nettement ralenti, et même l’année 2025 et son rebond n’affichent que +5 %. Avec chaque année qui passe, atteindre l’objectif 2030 devient improbable, voire illusoire.

Les années 2020-2022 montrent cependant que des progressions rapides sont possibles lorsque les investissements dans les infrastructures cyclables et les politiques d’accompagnement sont au rendez-vous. Le défi est désormais de retrouver et de maintenir cette intensité sur la durée. Les difficultés financières (coût élevé des projets, restrictions budgétaires généralisées, épuisement des dispositifs de financement, etc.) sont de plus en plus prégnantes pour les collectivités. Cette situation, qui durcit les capacités de financement dans un contexte de tension accrue sur les budgets des collectivités, tend à peser davantage sur leur capacité à engager ou poursuivre leurs projets. Le Réseau vélo et marche poursuit donc son plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour que de nouveaux outils de financement soient ouverts aux collectivités afin de relancer cette dynamique et de se remettre dans les rails de la trajectoire fixée.

Les données de comptage mesurent des passages à des points fixes et ne sont pas directement comparables à l’évolution de la part modale. L’ordre de grandeur de l’écart reste néanmoins parlant.

Un grand merci à toutes les collectivités contributrices !

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