Municipales 2026 : les mobilités actives s’installent au cœur du débat local
Les élections municipales et intercommunales se tiennent les 15 et 22 mars. Un scrutin important pour le Réseau vélo et marche, dont plus de 75 % des collectivités adhérentes sont des communes et intercommunalités. Ce rendez-vous électoral se présente après une mandature durant laquelle les enjeux liés aux mobilités actives ont bien occupé le paysage médiatique, à la faveur d’un Plan national favorable (au début) et de certaines transformations urbaines ayant particulièrement marqué les esprits et soulevé des débats passionnés. À quelques semaines du rendez-vous des urnes, les sondages permettent d’y voir plus clair : les mobilités actives s’imposent dans l’opinion, mais leur déploiement appelle méthode, équité territoriale et concertation. Voici un tour d’horizon du sujet avant le scrutin.
Une aspiration majoritaire à changer de pratiques
Premier enseignement : la volonté de faire évoluer ses déplacements existe. Selon le sondage Ipsos–Odoxa pour ICI (octobre 2025), 68 % des Français se disent prêts à privilégier la marche, le vélo ou les transports en commun pour réduire l’impact environnemental de leurs déplacements. Ce chiffre atteint 83 % en Île-de-France, 78 % dans les métropoles, et 76 % chez les moins de 35 ans.
Le développement des pistes cyclables et des mobilités actives figure parmi les priorités adressées aux maires (47 %), juste derrière les transports publics (58 %). Pour autant, cette aspiration cohabite avec des attachements forts : 54 % des Français ne souhaitent pas renoncer à la voiture au quotidien. Ce paradoxe souligne un point central pour les élus locaux : la transition vers les mobilités actives ne peut réussir sans alternatives crédibles, continues et adaptées aux réalités territoriales.
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La mobilité, premier enjeu du scrutin municipal
Un autre sondage récent, réalisé auprès de 4 000 personnes par Keolis avec l’Ifop, confirme que la mobilité sera structurante dans la campagne municipale. Un tiers des budgets municipaux seraient consacrés à la mobilité (voirie, transports, déplacements), loin devant d’autres politiques publiques en France.
Autre indicateur notable :
- 56 % des français souhaitent continuer à limiter la place de la voiture en ville ;
- 32 % préfèrent maintenir l’équilibre actuel ;
- 12 % souhaitent développer son usage.
La séparation des modes progresse dans l’opinion : 43 % approuvent de réserver une partie de la voirie aux bus, vélos et piétons. La marche (22 %) et le vélo (16 %) apparaissent comme des composantes naturelles d’un système de mobilité équilibré, souvent articulé autour du bus. L’étude met aussi en lumière une attente de solidarité territoriale : 64 % des Français souhaitent que les investissements soient prioritairement orientés vers les territoires les moins bien desservis.
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Réduire la place de la voiture : consensus sur les objectifs, clivages sur la mise en œuvre
Une autre enquête récente, portée par la Fondation Jean-Jaurès qui a interrogé 1 500 Français et 523 maires, apporte un éclairage nuancé. Sur le principe, les objectifs font largement consensus. Plus de 70 % des Français et des maires jugent ces politiques efficaces pour réduire la pollution et les nuisances sonores d’une part. Plus de 6 sur 10 estiment qu’elles améliorent la qualité de vie et la sécurité routière d’autre part.
En revanche, l’adhésion varie fortement selon la taille des territoires : 55 % approuvent la réduction de la place de la voiture dans les grandes métropoles ; 57 % la désapprouvent dans les villes moyennes ; 73 % la désapprouvent dans les petites villes.
Parmi les 52 % d’habitants ayant constaté ces politiques dans leur quotidien, 57 % en ont une perception négative en raison de deux facteurs dominants : les désagréments ressentis et l’absence d’alternatives suffisantes.
Un Français sur deux estime qu’il n’y a pas assez de transports en commun ou de pistes cyclables là où il habite — perception qui atteint 87 % en zone rurale.
En revanche, les mesures incitatives bénéficient d’un large soutien : développement des pistes cyclables, rues scolaires, voies réservées aux bus, limitation à 30 km/h. À l’inverse, les mesures perçues comme punitives (ZFE, hausse du stationnement) sont majoritairement rejetées.
Climat vélo : des progrès mesurables mais inégaux
Les résultats publiés en septembre dernier du Baromètre vélo 2025 de la FUB confirme la dynamique citoyenne, l’intérêt et l’action croissante en faveur des politiques cyclables : 2 640 communes qualifiées, un record ; +19 % de femmes répondantes depuis 2021 et une amélioration globale de la cyclabilité de 3 %. Les retours sont nettement plus positifs à proximité des aménagements financés via le fonds mobilités actives, démontrant l’efficacité d’investissements structurés et conformes aux recommandations techniques.
Dans le cadre des municipales, la FUB propose une plateforme nationale « Jouez la carte du vélo ! » permettant aux candidats d’afficher leurs engagements.
Un plaidoyer structuré pour le prochain mandat : apaiser pour rassembler
Le Réseau vélo et marche porte un plaidoyer programmatique avec 10 mesures concrètes, simples et peu coûteuses à mettre en œuvre dès le début du mandat. Avec la FUB et Rue de l’Avenir, il défend également un cadre commun pour une cohabitation apaisée entre piétons et cyclistes.
Municipales 2026 – Vers un nouveau mandat pour le vélo et la marche
Pour préparer les élections municipales de 2026, le Réseau vélo et marche se mobilise pour faire des modes actifs un enjeu central des prochaines politiques locales. Ce document de plaidoyer destiné aux candidats, propose des arguments concrets pour intégrer le vélo et la marche dans leur programme, mais aussi des mesures concrètes et peu chères à mettre en place dès le début de leur mandat.
Un mandat local pour agir – Faire place aux piétons et aux cyclistes : des clés pour une cohabitation réussie
Dans le cadre des élections municipales de 2026, le Réseau vélo et marche se mobilise avec avec la FUB et Rue de l’Avenir pour faire des modes actifs un enjeu central des prochaines politiques locales. Ce plaidoyer signé par les trois associations est destiné aux candidats, proposant des arguments concrets pour une cohabitation apaisée entre les modes de transports.
Dans la même dynamique, à l’approche des municipales, les acteurs de la marche et du vélo portent leurs plaidoyers pour inscrire les mobilités actives au cœur des futurs mandats. Découvrez leurs positions et propositions à quelques semaines des urnes : Rue de l’Avenir ; 60 Millions de Piétons ; La FFRandonnée ; La FUB ; Les Boîtes à Vélo ; L’Union des Entreprises sport & cycle ; La filière France Vélo ; L’AF3V.
Au-delà du secteur, ces mesures rejoignent les préoccupations pour le commerce local, pour la santé publique et l’attractivité des centres-villes et traduisent une idée désormais partagée : l’apaisement de l’espace public et le développement de la marche et du vélo ne sont pas des politiques sectorielles, mais des leviers transversaux de qualité de vie.
Valentin Joubert